Une offensive économique marocaine aux portes de l’Afrique centrale
La visite de Casablanca Finance City (CFC) à la Chambre de Commerce, d’Industrie, des Mines et de l’Artisanat du Cameroun (CCIMA) marque une nouvelle étape dans le rapprochement économique entre Yaoundé et Rabat. Plus qu’une simple rencontre institutionnelle, cette mission ouvre la voie à une compétition économique où le Cameroun entend tirer son épingle du jeu face aux autres économies africaines déjà largement bénéficiaires des investissements marocains.
À l’heure où la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF) redessine les rapports de force sur le continent, les acteurs économiques camerounais veulent transformer les discours diplomatiques en projets concrets, créateurs de richesses et d’emplois.

La Chambre de Commerce, fer de lance du secteur privé camerounais
Institution consulaire de référence, la Chambre de Commerce, d’Industrie, des Mines et de l’Artisanat du Cameroun joue un rôle central dans l’accompagnement du secteur privé. Interface privilégiée entre les pouvoirs publics et les opérateurs économiques, elle œuvre à la promotion des investissements, au développement des échanges commerciaux et à la défense des intérêts des entreprises camerounaises.
Présente sur l’ensemble du territoire national à travers ses délégations régionales, la CCIMA est aujourd’hui un acteur incontournable de la diplomatie économique du Cameroun. Son implication dans cette mission traduit sa volonté de positionner les entreprises camerounaises au cœur des grands flux d’investissements africains et internationaux.
« Nous devons sortir des discours protocolaires »
Prenant la parole au nom de la Chambre de Commerce, Daniel Talla Kuate, président de la Section Industrie, Mines et BTP, a donné le ton. Reconnaissant l’avance du Maroc dans plusieurs domaines, il a néanmoins plaidé pour une coopération pragmatique orientée vers les résultats.
Pour lui, le Cameroun dispose d’atouts considérables : une position géographique stratégique en Afrique centrale, des ressources abondantes et un important potentiel industriel. Reste désormais à transformer ces avantages en opportunités concrètes grâce à des partenariats stratégiques capables d’accélérer le développement économique du pays.
Des projets camerounais en quête de financement
Le Dr Simon Yonga Bakalag, représentant du ministère de la Planification et de l’Aménagement du Territoire, a rappelé que cette initiative est le fruit d’un travail engagé depuis plusieurs mois avec l’ambassade du Cameroun au Maroc.
L’ambition est claire : identifier et préparer des projets suffisamment matures pour attirer les investisseurs internationaux. Industrie, agroalimentaire, BTP, transformation locale et infrastructures figurent parmi les secteurs ciblés.
Selon lui, Casablanca Finance City ne vient pas financer des idées, mais accompagner des projets réels, structurés et porteurs de valeur ajoutée. Le gouvernement entend d’ailleurs jouer pleinement son rôle à travers des mécanismes d’incitation et de garantie prévus dans la loi de finances.

Casablanca Finance City veut connecter le Cameroun aux capitaux du monde
Pour Hicham Chaouri, représentant de Casablanca Finance City, le Cameroun constitue aujourd’hui une destination stratégique pour les investisseurs marocains et internationaux.
Première place financière africaine depuis plusieurs années, Casablanca Finance City fédère près de 300 institutions financières, multinationales, cabinets de conseil, compagnies d’assurance et fonds d’investissement. Son objectif est d’attirer les capitaux mondiaux vers l’Afrique et de faciliter les partenariats entre investisseurs et entreprises locales.
Portée par la vision du Roi Mohammed VI, cette démarche repose sur une conviction : l’Afrique doit construire son développement en s’appuyant sur ses propres forces et sur des partenariats équilibrés entre pays africains.
Une trentaine de grands patrons bientôt à Douala
L’annonce phare de cette rencontre est sans doute l’arrivée prochaine au Cameroun d’une délégation d’une trentaine de dirigeants de grandes entreprises basées à Casablanca.
Leur mission sera d’identifier des opportunités d’investissement, de rencontrer des partenaires locaux et d’explorer les secteurs à fort potentiel.
Une opportunité que les responsables camerounais ne veulent pas laisser passer. Car derrière cette visite se joue une question stratégique : faire du Cameroun la future porte d’entrée des investissements marocains en Afrique centrale.






