Le CEFODEP contre-contre-attaque. L’Afrique exige enfin sa vraie carte. Hilaire Kamga Directeur exécutif du CEFODEP/Futur Afrique réclame désormais la vérité dans les salles de classe.
Mercator ne suffit plus : l’ONU valide une correction historique qui remet les vraies proportions de l’Afrique au centre du monde
Pendant des siècles, les Africains ont appris à regarder leur continent à travers une carte qui en déformait les proportions. Désormais, une nouvelle bataille se joue : celle de la représentation, de la mémoire et de la connaissance.
Le 4 septembre 2026, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté une résolution encourageant le recours à des représentations cartographiques respectant davantage les superficies réelles des continents. Le texte, porté par le Togo au nom du Groupe africain et avec le mandat de l’Union africaine, a recueilli 164 voix pour, une contre et six abstentions.

Pour le CEFODEP/Futur Afrique, qui salue cette décision, l’enjeu dépasse largement la cartographie. Il touche à ce que le Centre appelle une « justice cognitive et une réparation mémorielle ».
La question peut paraître provocatrice. Elle est pourtant au cœur du communiqué signé par le Dr Hilaire Kamga, Directeur exécutif du CEFODEP/Futur Afrique.
Depuis 1569, la projection de Mercator a largement structuré la représentation scolaire du monde. Conçue à l’origine pour la navigation maritime, elle déforme les superficies à mesure que l’on s’éloigne de l’équateur. Résultat : l’Afrique apparaît visuellement beaucoup moins imposante qu’elle ne l’est réellement.
Le communiqué rappelle ainsi que l’Afrique couvre environ 30,37 millions de km², contre 10,18 millions pour l’Europe. Elle est également trois fois plus vaste que les États-Unis et représente plus d’une fois et demie la superficie de l’Amérique du Sud.
Ce n’est donc pas l’Afrique qui change de taille. C’est le regard que le monde porte sur elle qui peut enfin changer.
La résolution onusienne invite notamment les États, les organisations internationales, les institutions éducatives, les éditeurs scolaires et les entreprises du numérique à recourir à la projection « Equal Earth », élaborée en 2018, ou à toute autre projection préservant les superficies relatives. Le mérite de cette évolution est précisément de rappeler une évidence : une carte n’est jamais totalement innocente.
Elle sélectionne, déforme, hiérarchise visuellement. Lorsqu’elle devient pendant des générations un outil pédagogique, elle contribue aussi à façonner la perception que les enfants ont de leur propre environnement et de leur place dans le monde. C’est ici que le plaidoyer du CEFODEP prend toute sa dimension.

Hilaire Kamga : de la carte à la décolonisation des savoirs
En saluant la résolution, le Dr Hilaire Kamga ne s’arrête pas à la victoire diplomatique. Le CEFODEP entend désormais pousser le débat jusqu’aux salles de classe, aux universités, aux médias et aux institutions publiques.
Le Centre invite notamment les gouvernements africains et les instituts de cartographie à engager une révision progressive des supports pédagogiques et officiels. Il encourage également les universités, les médias et la société civile camerounaise à transformer cette décision internationale en objet de pédagogie citoyenne.
Cette position donne au CEFODEP une place intéressante dans un débat qui dépasse la seule géographie : celui de la décolonisation des savoirs.
Car si les outils de connaissance peuvent influencer les représentations collectives, alors corriger ces outils constitue aussi une forme de reconquête intellectuelle.
Le véritable combat commence maintenant
Le communiqué du CEFODEP a toutefois le mérite de ne pas présenter la résolution comme une révolution juridique immédiate. Le texte onusien n’est pas contraignant, ne bannit pas Mercator et n’impose pas une carte unique.
La bataille sera donc moins celle du vote à New York que celle de l’application sur le terrain.
Que montreront demain les manuels scolaires camerounais ? Quelles cartes seront utilisées dans les salles de classe ? Les plateformes numériques suivront-elles le mouvement ? Les institutions africaines intégreront-elles cette nouvelle approche dans leurs documents officiels ? C’est sur ce terrain concret que le plaidoyer du CEFODEP pourra prendre tout son sens.
Une carte pour apprendre autrement l’Afrique
En annonçant que son Département de la Recherche consacrera une note d’analyse à la représentation cartographique comme enjeu de mémoire et de citoyenneté, le CEFODEP veut manifestement inscrire cette question dans la durée.
Le message porté par Hilaire Kamga est finalement simple : l’Afrique n’a pas besoin d’être agrandie. Elle a besoin d’être représentée telle qu’elle est. Et derrière cette bataille apparemment technique se cache une question profondément politique : quelle image de l’Afrique voulons-nous transmettre aux générations futures ? Le CEFODEP entend, lui, ne pas laisser cette question aux seuls cartographes.






