Mbanga : Le pari sécuritaire du sous-préfet et la méthode Temboh

Mbanga : Le pari sécuritaire du sous-préfet et la méthode Temboh

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« Ici, la paix se construit chaque jour »

Six ans après son arrivée à Mbanga, le sous-préfet Temboh Christine Nkefor dresse le bilan d’une administration de proximité marquée par le retour progressif de la sécurité, l’encadrement des déplacés internes et la consolidation du vivre-ensemble dans une ville longtemps fragilisée par la crise anglophone.

Arrivé à la tête de l’arrondissement de Mbanga en janvier 2020, Temboh Christine Nkefor est aujourd’hui le sous-préfet ayant totalisé la plus longue présence continue à la tête de cette unité administrative stratégique du département du Moungo, région du Littoral. Administrateur civil de formation, il revendique un parcours bâti dans l’administration territoriale depuis 2015.

Avant son arrivée à Mbanga, il a servi au ministère de l’Administration territoriale, précisément à la Direction de l’organisation du territoire, avant d’être nommé premier adjoint préfectoral dans le département de la Lékié, puis sous-préfet de Bikok dans la région du Centre.

Mais c’est à Mbanga, ville frontalière et cosmopolite, que son expérience administrative va véritablement prendre une autre dimension.

Une ville sous pression sécuritaire

À son arrivée, le contexte sécuritaire est particulièrement tendu. La proximité de Mbanga avec certaines localités sensibles du Sud-Ouest expose régulièrement l’arrondissement aux incursions des groupes séparatistes armés.

« Nous étions confrontés à des actions d’activistes venant notamment de Kombé III, du Mémé et du Fako », explique l’autorité administrative.

Le sous-préfet rappelle notamment le drame du 1er mai 2023 où trois éléments des forces de maintien de l’ordre et un civil avaient été tués dans une attaque armée.

Face à cette menace, l’administration met progressivement en place une stratégie de sécurisation renforcée : descentes régulières sur le terrain, multiplication des postes avancés militaires, collaboration avec les populations et création de comités de vigilance dans les quartiers et villages.

Aujourd’hui, l’autorité administrative estime que la situation est largement stabilisée.

« Les populations peuvent désormais vaquer librement à leurs occupations. Le calme et la sérénité sont revenus », affirme-t-il.

La guerre contre l’insécurité urbaine

Au-delà de la menace séparatiste, le sous-préfet dit avoir engagé une lutte vigoureuse contre la criminalité urbaine, notamment les réseaux de consommation et de trafic de stupéfiants. Parmi les mesures fortes revendiquées figurent les opérations menées contre plusieurs grands foyers de vente de chanvre indien, mais aussi la restructuration du secteur des moto-taximen.

À son initiative, les conducteurs ont été identifiés, organisés en réseaux structurés et dotés de chasubles de reconnaissance en collaboration avec la mairie.

Une réforme qui, selon lui, a permis de réduire considérablement les agressions et les vols de motos.

« Depuis plus de trois ans, aucun cas majeur d’arrachage de motos n’a été signalé », se félicite-t-il.

Mbanga, terre d’accueil des déplacés

Avec la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, Mbanga est progressivement devenue une importante terre d’accueil pour les déplacés internes.

Le sous-préfet estime aujourd’hui leur nombre entre 3 000 et 5 000 personnes réparties dans la ville et les environs.

Malgré cette forte pression démographique, il assure que la cohabitation reste globalement paisible.

« Certains déplacés ont trouvé ici un véritable cadre de vie et ne souhaitent même plus repartir », souligne-t-il.

Le laboratoire du vivre-ensemble

Temboh Christine Nkefor insiste particulièrement sur la singularité sociologique de Mbanga.

Pour lui, la ville constitue une véritable illustration du vivre-ensemble camerounais.

« Ici, toutes les communautés vivent ensemble : anglophones, Bamiléké, Béti, populations du Nord et de l’Ouest. Mbanga est une expérience réussie de diversité dans l’unité », affirme-t-il.

Selon lui, cette cohésion sociale explique en grande partie la stabilité observée dans la ville malgré les tensions nationales et régionales.

Neutralité administrative et gestion équilibrée

Face aux critiques de certains partis d’opposition qui dénoncent parfois des restrictions administratives, le sous-préfet défend une gestion qu’il qualifie de neutre et républicaine.

Il explique notamment que certaines manifestations politiques ont été réorientées pour des raisons sécuritaires et de circulation sur la Nationale N°5, axe extrêmement fréquenté traversant la ville.

« Nous ne pouvons pas sacrifier des vies humaines pour des considérations politiques », tranche-t-il.

L’autorité administrative insiste sur le fait que toutes les formations politiques disposent de la liberté d’organiser leurs activités dans le respect des règles administratives et sécuritaires.

“La paix reste notre plus grande victoire”

Au terme de six années passées à Mbanga, Temboh Christine Nkefor préfère laisser les populations juger son action.

Mais une chose semble demeurer au cœur de son discours : la paix.

« Ce qui fait la force du Cameroun, c’est l’unité. Quand les populations restent soudées, il devient difficile de les déstabiliser », insiste-t-il.

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