Coup d’état syndical, l’élection de Gérémie Njitap à la tête du Syndicat national des footballeurs camerounais (SYNAFOC) est désormais au cœur d’une bataille judiciaire. Joslain Mayebi, membre du syndicat et fils de feu David Mayebi, fondateur de cette organisation, conteste la régularité de l’Assemblée générale élective et dénonce plusieurs irrégularités présumées dans le processus. Avec son recours visant Gérémie Njitap et son secrétaire général Daniel Ngos, Mayebi entend faire trancher par la justice la question du respect des textes et de la légalité au sein du syndicat.

« mercenaires électoraux » : l’accusation qui fait trembler le synafoc
L’ancien international Joslain Leonel Mayebi déclare la guerre au Syndicat National des Footballeurs Camerounais. Assignation en justice, accusations de fraude massive, corps électoral fantôme et dirigeants suspendus. L’élection du 2 septembre à Douala est au bord de l’implosion.
C’est une bombe. Face aux « violations répétées à outrance » des statuts, Joslain Leonel Mayebi, membre depuis 15 ans, a saisi la justice avec plusieurs Délégués Régionaux.
Leur cible : l’annulation pure et simple de l’Assemblée Générale élective du 2 septembre 2026 à Douala.
Le motif est explosif. Selon le communiqué, le SYNAFOC aurait « fabriqué à sa guise un corps électoral sur mesure ». Mayebi parle de « mercenaires électoraux », des individus qui n’ont jamais été membres du syndicat, invités uniquement pour gonfler le quorum et « fausser les résultats ». Le cabinet AKKUM AKKUM & Associates LLP est chargé de l’offensive.
Candidature bloquée, délégués éjectés : la méthode
Mayebi raconte son parcours du combattant. Cotisations payées le 25 août 2026 avec accusé de réception écrit du SYNAFOC. Préparation légale complète.
Pourtant, le 27 août, quand son Conseil demande les documents statutaires pour sa candidature à la Présidence, le Secrétaire Général sortant lui opposerait un « refus brutal et tendancieux » pour dossier incomplet.
Pire : Mayebi et des délégués régionaux historiques, « bien connus pour leur intransigeance et leur engagement pour la transparence », sans aucune sanction disciplinaire, auraient été purement évincés. Pourquoi ? Ils n’auraient jamais été convoqués, en violation de l’article 7 des statuts qui exige une convocation 15 jours avant.

Le syndicat dirigé par des suspendus ?
L’argument le plus dévastateur : la nullité d’ordre public de la convocation elle-même. Pour Mayebi, les dirigeants sortants qui ont convoqué l’AG n’avaient pas qualité pour le faire. Il cite nommément Sorel Geremi NJITAP et Daniel Blaise NGOS, frappés selon lui par une suspension de toute activité liée au football pour 5 ans et 2 ans respectivement.
Comment convoquer une élection quand on est soi-même suspendu ?
Il invoque la maxime latine : « Fraus Omnia Corrumpit » – la fraude corrompt tout. C’est désormais à la justice de dire le droit. Mais une chose est sûre : le blason du football camerounais est une nouvelle fois sali par ses propres défenseurs.






