Cameroun : SOSUCAM : Pourquoi la Diaspora reste-t-elle spectatrice ?

Diaspora camerounaise : à quand le rachat de nos propres richesses ?

0
129

L’interpellation qui dérange

L’annonce d’un possible changement d’actionnaire à la SOSUCAM relance un débat aussi sensible que stratégique : pourquoi les Camerounais, notamment ceux de la diaspora, demeurent-ils absents lorsqu’il s’agit de reprendre le contrôle des actifs économiques majeurs du pays ?

Par Timothé Tchamté Tchomté

La question, posée par l’entrepreneur Timothé Tchamté Tchomté, dépasse largement le seul cas de la société sucrière. Elle renvoie à une problématique de souveraineté économique nationale : les richesses du Cameroun doivent-elles continuer à changer de mains sans que les Camerounais eux-mêmes puissent prétendre en devenir propriétaires ?

Les milliards de la diaspora, une force encore dispersée

Chaque année, la diaspora camerounaise transfère des sommes considérables vers le pays. Ces ressources soutiennent les familles, financent l’éducation, la santé ou encore le logement. Mais elles demeurent pour l’essentiel dispersées dans des dépenses individuelles de consommation.

Pourtant, selon de nombreux experts du développement, une partie de cette manne financière pourrait être orientée vers des investissements structurants capables de transformer durablement l’économie nationale.

L’idée avancée est simple : créer un grand Fonds d’Investissement de la Diaspora Camerounaise, alimenté par des contributions volontaires, transparentes et sécurisées, à l’image des grands fonds de pension qui participent au financement des économies les plus développées.

SOSUCAM, symbole d’un défi plus vaste

Pour ses promoteurs, la SOSUCAM représente l’exemple parfait d’un actif stratégique. Le sucre demeure un produit de consommation permanente dont la demande reste relativement stable dans le temps.

Mais le véritable enjeu dépasse l’industrie sucrière.

Le Cameroun dispose d’immenses ressources encore insuffisamment transformées localement : bauxite, minerai de fer, cacao, café, bois, ressources énergétiques et agricoles. Autant de secteurs dans lesquels des investissements massifs pourraient créer davantage de valeur ajoutée, d’emplois et de richesse nationale.

Reprendre la main sur l’industrialisation

L’ambition serait de voir émerger des projets capables de transformer localement les matières premières plutôt que de continuer à exporter des ressources brutes.

Construire une industrie de transformation de la bauxite et alumine, développer une filière sidérurgique nationale autour du minerai de fer, renforcer l’agro-industrie ou encore investir dans les infrastructures énergétiques figurent parmi les pistes évoquées.

Pour les défenseurs de cette vision, le Cameroun dispose déjà des atouts nécessaires : des ingénieurs qualifiés, des entrepreneurs expérimentés, des experts financiers et surtout une diaspora présente sur tous les continents.

Le temps de la mobilisation économique

La réflexion lancée par Timothé Tchamté Tchomté se veut avant tout un appel à l’organisation collective. Selon lui, la question n’est plus de savoir si la diaspora possède les moyens d’investir massivement dans l’économie nationale, mais plutôt de déterminer quand elle décidera de s’organiser pour le faire.

À l’heure où de nombreux pays s’appuient sur leur diaspora pour accélérer leur développement, le Cameroun pourrait lui aussi transformer cette force financière et intellectuelle en véritable levier d’industrialisation.

Car l’histoire économique des grandes nations ne s’écrit ni dans l’attentisme ni dans l’improvisation. Elle se construit autour d’une vision, d’une stratégie et d’une capacité collective à saisir les opportunités lorsqu’elles se présentent.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici