Cameroun : Le Sénat rappelle le gouvernement à l’ordre

Cameroun : le Sénat interpelle le gouvernement sur la vie chère et la gouvernance

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Une rentrée parlementaire sous le signe du souvenir

La deuxième session ordinaire du Sénat s’est ouverte mardi à Yaoundé dans un contexte marqué par la disparition de plusieurs figures emblématiques de la vie institutionnelle camerounaise. Dès l’entame de son discours, le président du Sénat, Aboubakary Abdoulaye, a rendu un vibrant hommage à l’ancien président du Sénat, Marcel Niat Njifenji, au président émérite de l’Assemblée nationale, Cavaye Yéguié Djibril, ainsi qu’à plusieurs autres parlementaires disparus au cours de l’intersession.

Cette séquence de recueillement, ponctuée par une minute de silence, a constitué l’un des moments les plus solennels de la cérémonie.

L’unité nationale érigée en priorité absolue

Dans la continuité des célébrations de la Fête nationale du 20 mai, le président du Sénat a placé son intervention sous le sceau de l’unité nationale. Face aux tensions et aux défis sécuritaires qui traversent le monde, il a invité les Camerounais à préserver la cohésion sociale et à rejeter les replis identitaires.

S’appuyant sur les appels du président Paul Biya et sur le message de paix laissé par le pape Léon XIV lors de sa visite au Cameroun, il a exhorté les élus à demeurer les premiers défenseurs du vivre-ensemble.

Le Sénat réclame des réponses aux préoccupations des Camerounais

Au-delà des discours de principe, c’est surtout sur le terrain économique et social que le ton s’est durci. À l’approche du Débat d’orientation budgétaire, Aboubakary Abdoulaye a appelé les parlementaires à dépasser les préoccupations locales pour se concentrer sur les grandes questions nationales. Selon lui, les discussions doivent porter sur les stratégies capables de transformer durablement les conditions de vie des populations. Vie chère, accès à l’eau potable, énergie, infrastructures, santé, éducation et formation professionnelle figurent parmi les priorités évoquées.

Corruption, climat des affaires et décentralisation

L’un des moments forts de cette rentrée a été l’interpellation directe du gouvernement sur plusieurs dossiers sensibles. Le Sénat demande une amélioration du climat des affaires afin de soutenir le secteur privé, mais également un renforcement de la lutte contre la corruption. La Chambre haute a aussi exprimé ses préoccupations face aux violences faites aux femmes et aux abus touchant les enfants.

Autre revendication majeure : le renforcement des moyens accordés aux collectivités territoriales décentralisées. Pour les sénateurs, les régions et les communes doivent jouer un rôle plus important dans la résolution des problèmes de développement local.

Une rentrée aux accents de mise en garde

Derrière les hommages et les appels à l’unité, cette rentrée parlementaire aura surtout été marquée par une série d’exigences adressées à l’exécutif. À quelques mois des arbitrages budgétaires pour 2027, le Sénat attend désormais des décisions concrètes capables de répondre aux préoccupations quotidiennes des Camerounais.

Un message qui sonne comme un avertissement politique : l’heure n’est plus seulement aux discours, mais aux résultats.

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