Agriculture – Crise filière maïs  : Le cri de détresse de massangam

Maïs abandonné : le cri d'alarme de massangam

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À Massen, dans l’arrondissement de Massangam, à l’Ouest du Cameroun, departement du Noun , des centaines de sacs de maïs sont abandonnés dans les champs. Les producteurs dénoncent l’effondrement du marché, la concurrence des importations et l’absence de débouchés. Une situation qui menace des d’emplois et relance le débat sur la protection des producteurs locaux.

Des champs transformés en entrepôts à ciel ouvert

Le spectacle est inhabituel et inquiétant. Dans le quartier Mamvubouom, au village Massen, arrondissement de Massangam, plusieurs centaines de sacs de maïs restent abandonnés dans différents coins des champs. Faute d’acheteurs, les producteurs préfèrent laisser leur récolte sur place plutôt que d’engager de nouveaux frais de transport ou de stockage.

Cette situation illustre la profonde crise que traverse la filière maïs dans cette partie du Cameroun.

Les producteurs accusent l’ouverture du marché

Interrogés sur les raisons de cet abandon, plusieurs producteurs pointent du doigt la politique commerciale du gouvernement. Selon eux, l’entrée d’opérateurs étrangers dans la commercialisation du maïs aurait fortement déséquilibré le marché national, entraînant une chute des prix et une mévente de la production locale.

Pour ces agriculteurs, les producteurs camerounais paient aujourd’hui le prix d’une concurrence qu’ils jugent déloyale.

Les brasseries deviennent plus exigeantes

Autre difficulté évoquée : les brasseries, autrefois parmi les principaux acheteurs de maïs, exigeraient désormais des tests de qualité avant toute acquisition des récoltes.

Selon le producteur Mouamad, le ministre du Commerce aurait d’ailleurs récupéré quelques sacs de maïs afin de les faire analyser par des brasseries pour vérifier leur conformité aux exigences industrielles.

Des dizaines d’emplois menacés

La crise dépasse le simple cadre agricole. Mouamad, important producteur de maïs dans l’arrondissement de Massagam, affirme ne plus être en mesure de payer les salaires de la cinquantaine d’ouvriers qu’il emploie.

Une grande partie de ces travailleurs seraient des personnes déplacées par la crise dans les régions anglophones, aujourd’hui confrontées à une nouvelle précarité en raison de l’effondrement de l’activité agricole.

L’urgence d’une réponse publique

À Massagam, les sacs de maïs abandonnés dans les champs sont devenus le symbole d’une filière en souffrance. Les producteurs appellent les pouvoirs publics à trouver rapidement des solutions pour écouler la production nationale, protéger le marché local et préserver les milliers d’emplois qui dépendent de cette culture stratégique.

Au-delà du cas de Massen, cette crise relance le débat sur la souveraineté alimentaire du Cameroun et sur la nécessité de mieux accompagner les producteurs locaux face aux mutations du marché.

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