De la douleur au devoir : La renaissance de l’Hôpital de la Mifi

De la douleur au devoir : La renaissance de l’Hôpital de la Mifi

0
271

Un hôpital vitrine au cœur de Bafoussam

De la salle de naissance au bloc opératoire : Le combat d’une vie pour soigner. Entre cicatrices et vocation : le médecin revenu là où tout a commencé. Kidnappé, mutilé, mais toujours médecin : le serment intact de la Mifi.

Situé au quartier Famla, en plein centre de Bafoussam, l’Hôpital de District de la Mifi s’impose comme une formation sanitaire de référence. Héritier d’un ancien centre de santé transformé dans le cadre des réformes du système sanitaire camerounais, l’établissement offre aujourd’hui un plateau technique complet, conforme aux standards des hôpitaux de quatrième catégorie.

Avec ses trois blocs techniques et un bloc opératoire fonctionnel en continu, l’hôpital prend en charge une grande diversité de pathologies. La maternité y occupe une place centrale, avec un volume important d’accouchements, dont de nombreuses césariennes d’urgence.

Autour de la médecine générale, de la chirurgie et de la gynécologie, l’offre de soins s’est élargie : cardiologie, stomatologie, pédiatrie et bientôt ophtalmologie viennent renforcer la prise en charge des patients.

Un directeur au destin singulier

À la tête de l’hôpital depuis le 4 mars 2026, Nguemo Fogang Jean-Pascal incarne un parcours hors du commun. Médecin aux multiples spécialisations médecine légale, chirurgie plastique, pathologie gynécologique il cumule plus de 20 ans d’expérience, enrichie par des missions dans des zones sensibles comme Batibo et Bakassi.

Mais son histoire est aussi marquée par l’épreuve. Au début de la crise anglophone, alors qu’il choisit de rester pour soigner les blessés de tous bords, il est enlevé, séquestré et mutilé. Une expérience extrême dont il sort vivant, grâce à l’intervention du Bataillon d’Intervention Rapide.

Loin de l’éloigner de sa vocation, cette épreuve renforce son engagement : sauver des vies, coûte que coûte.

Humaniser les soins, sa priorité absolue

De retour dans la ville qui l’a vu naître — et même dans l’hôpital où il est venu au monde le Dr Nguemo Fogang porte une vision claire : remettre le patient au centre.

Son action repose sur des réformes concrètes :

Renforcement de la discipline et de la présence effective du personnel

Amélioration de l’accueil des patients dès leur arrivée

Recrutement de brancardiers pour une prise en charge immédiate

Réorganisation du système de garde pour assurer une permanence médicale jour et nuit

« Le soin commence dès la descente du taxi », insiste-t-il, traduisant une approche profondément humaine de la médecine.

Des défis structurels à relever

Malgré ces avancées, les défis restent importants. L’exiguïté des infrastructures limite les capacités d’accueil. Un nouveau bâtiment en cours d’achèvement devrait toutefois permettre de décongestionner les services dès les prochains mois.

Autres priorités : la création d’un service de réanimation, l’acquisition d’une ambulance pour améliorer la référence des patients, et le renforcement des effectifs médicaux.

Un héritage en construction

Pour le Dr Nguemo Fogang, diriger cet hôpital a une portée symbolique forte. Né entre ses murs, il y revient aujourd’hui avec une ambition : laisser une empreinte durable.

Son objectif est clair : faire de l’Hôpital de District de la Mifi un modèle de soins accessibles, efficaces et profondément humains.

Au-delà des équipements et des réformes, c’est une philosophie qu’il veut inscrire dans la durée : celle d’un hôpital où chaque patient compte, et où la dignité humaine reste au cœur de l’action médicale.    

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici