Rachel Yaoudam, la revanche d’un destin :  le nouveau visage de l’UNDP

Rachel Yaoudam : de Moskota au Comité central de l’UNDP

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De Moskota à Abuja, de Paris au Pakistan, puis retour vers le Mayo-Tsanaga : le parcours de Rachel Yaoudam ressemble à un roman. Mais derrière l’actrice, la productrice et l’humanitaire se dessine désormais une femme engagée dans la conquête d’un nouvel espace : la politique.

Il y a des parcours qui se racontent comme des successions de ruptures. Celui de Rachel Yaoudam en fait partie.

Originaire de Moskota, dans le Mayo-Tsanaga, à l’Extrême-Nord du Cameroun, elle a connu l’exil, les études, les responsabilités internationales, le cinéma, mais aussi l’épreuve de l’enlèvement. En 2013, alors qu’elle travaille à Abuja comme coordinatrice des cours de français auprès de la Présidence nigériane et pour l’Institut français du Nigeria, elle est kidnappée par des criminels.

Séquestrée dans une forêt, elle assiste à l’exécution d’une autre otage. Elle-même sera finalement libérée à la suite de négociations discrètes impliquant la Présidence nigériane de Goodluck Jonathan. Quelques jours plus tard, elle apprend l’enlèvement puis l’assassinat de son grand-père par Boko Haram.

Cette épreuve ne l’aura pourtant pas éloignée de son territoire d’origine. Bien au contraire.

Son grand-père lui avait lancé un jour : « Va conquérir le monde, ma petite fille. » Plus d’une décennie après, Rachel Yaoudam semble avoir pris cette phrase au pied de la lettre. De Moskota à Abuja, de Paris à Islamabad, du cinéma à l’action humanitaire, son parcours l’a conduite jusqu’au Comité central de l’UNDP. Candidate aux prochaines législatives, elle ouvre aujourd’hui un nouveau chapitre : celui de la conquête politique.

L’EXTRÊME-NORD COMME Boussole

Après le Nigeria, Rachel Yaoudam poursuit son parcours au Pakistan, où elle dirige les cours de l’Alliance française à Islamabad. De retour en France, elle se tourne vers le cinéma et apparaît notamment dans des productions françaises et internationales.

Mais derrière les projecteurs, une autre ambition prend progressivement forme : utiliser son expérience pour agir sur les réalités de son territoire natal.

En 2023, elle crée Sahel Solidaire’24, une association tournée vers l’assistance humanitaire, l’autonomisation des populations vulnérables et le développement durable dans les zones camerounaises affectées par les crises. L’association poursuit encore aujourd’hui ses actions dans le Mayo-Tsanaga, notamment en faveur de l’éducation. En septembre 2026, elle a ainsi soutenu 200 élèves dans trois établissements scolaires de Mayo-Moskota.

La même volonté inspire Idama Studios, sa maison de production, conçue notamment pour valoriser les talents et les richesses culturelles et touristiques du Septentrion.

Rachel Yaoudam ne veut donc plus seulement raconter son territoire. Elle veut contribuer à le transformer.

DE LA SOCIÉTÉ CIVILE AU COMITÉ CENTRAL DE L’UNDP

C’est désormais sur le terrain politique que cette trajectoire prend une nouvelle dimension.

Le 22 septembre 2026, Rachel Yaoudam a été désignée parmi les nouveaux membres du Comité central de l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (UNDP), dans le cadre d’une réorganisation du parti à l’approche des prochaines échéances électorales.

Une entrée qu’elle-même présente comme un passage « par la grande porte ». La nouvelle responsable de l’UNDP dit avoir été surprise par l’écho suscité par sa nomination, qu’elle interprète comme un signal adressé aux jeunes et aux femmes : celui de leur place dans la nouvelle configuration du parti.

Son choix de l’UNDP, explique-t-elle, repose sur son adhésion à une vision articulée autour du développement, de la justice sociale et de la promotion des femmes et de la jeunesse. Pour elle, la politique doit désormais permettre de transformer les convictions portées depuis la société civile en actions concrètes.

Ce changement de registre s’accompagne d’une ambition électorale assumée. Rachel Yaoudam annonce sa candidature aux élections législatives de 2027 dans le Mayo-Tsanaga Nord. Sur son site de campagne, elle place notamment au cœur de son projet l’eau, l’éducation, l’autonomisation des femmes, la représentation des populations et la sécurité des communautés.

SERVIR APRÈS AVOIR SURVÉCU

De Moskota à Abuja, de Paris à Islamabad, Rachel Yaoudam aura finalement construit son parcours autour d’un même fil rouge : ne pas oublier d’où elle vient.

Elle affirme vouloir désormais porter au niveau politique les combats qu’elle mène depuis plusieurs années dans la société civile : justice sociale, engagement des jeunes, autonomisation des femmes et développement des territoires marginalisés.

Son itinéraire, longtemps marqué par la mobilité et les expériences internationales, semble ainsi connaître un retour aux sources.

Une femme de cinéma, d’humanitaire et de société civile entre désormais dans l’arène politique. Avec, derrière elle, une histoire personnelle singulière et, devant elle, un défi autrement plus collectif : convaincre que l’engagement associatif peut aussi devenir un instrument d’action publique au service du Mayo-Tsanaga.

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