Droits humains : Nouveaux Droits de l’Homme s’insurge contre la condamnation de l’avocate et alerte sur les menaces qui pèsent sur l’espace civique au Cameroun.
La condamnation de Me Alice Nkom par le Tribunal de première instance de Douala-Bonanjo continue de susciter des réactions au sein de la société civile. Dans le Communiqué N°089/NDH/2026, daté du 22 septembre 2026, l’organisation Nouveaux Droits de l’Homme (NDH) dénonce une décision qu’elle considère comme un acte d’intimidation contre les défenseurs des droits humains au Cameroun.

Une condamnation, une relaxe et une amende
Le lundi 21 septembre 2026, le tribunal correctionnel de Douala-Bonanjo a rendu sa décision dans l’affaire impliquant Me Alice Nkom, avocate et membre du Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (REDHAC), ainsi que Mme Maximilienne Ngo Mbe.
Les deux prévenues ont été relaxées du chef d’accusation de rébellion en coaction. En revanche, Me Alice Nkom a été reconnue coupable de bris de scellé et condamnée à un an d’emprisonnement avec sursis pendant cinq ans, assorti d’une amende de 500 000 FCFA et de 62 100 FCFA de frais de justice.

Le REDHAC au cœur de la procédure
Selon le communiqué de NDH, cette affaire trouve son origine dans la fermeture des locaux du REDHAC, le 9 décembre 2024, par l’autorité administrative de Douala 1er.
L’organisation affirme que cette fermeture et la mise sous scellé des locaux étaient arbitraires et contraires aux lois camerounaises. Elle explique que Me Alice Nkom aurait brisé les scellés pour faire face à ce qu’elle qualifie d’abus de pouvoir. C’est dans ce contexte que les poursuites pour rébellion en coaction et bris de scellé ont été engagées.
NDH dénonce une dérive contre les défenseurs des droits humains
Tout en saluant la relaxe prononcée sur les accusations de rébellion, Nouveaux Droits de l’Homme exprime sa vive indignation face à la condamnation de Me Alice Nkom.
Dans son communiqué, l’organisation estime que cette décision s’inscrit dans un contexte de « revanche et d’autoritarisme exacerbé ». Elle considère la procédure judiciaire comme une conséquence d’une volonté de faire taire les voix critiques.
NDH voit également dans cette condamnation de Maitre Alice Nkom un signal d’intimidation adressé aux acteurs associatifs engagés dans la défense de l’État de droit et de la justice sociale.
La solidarité citoyenne comme rempart
Nouveaux Droits de l’Homme réaffirme son soutien à Me Alice Nkom et au REDHAC. L’organisation annonce son intention de renforcer sa collaboration avec le réseau, au nom de la solidarité entre acteurs de la société civile.
Elle appelle par ailleurs les organisations de défense des droits humains, les associations et l’opinion publique nationale et internationale à condamner fermement ce qu’elle qualifie de dérive.
Dans sa conclusion, NDH rappelle que la liberté d’association et l’espace civique ne sont pas des privilèges accordés par le pouvoir, mais des droits fondamentaux garantis par la Constitution et les traités internationaux.
Un avertissement pour l’espace civique camerounais
À travers ce communiqué signé par Cyrille Rolande Bechon, Nouveaux Droits de l’Homme place la condamnation de Maitre Alice Nkom au centre d’une question plus large : celle de la protection des défenseurs des droits humains et de la liberté d’association au Cameroun.
Pour NDH, cette affaire dépasse le seul cas de l’avocate. Elle pose la question des garanties accordées aux organisations de la société civile et aux voix critiques dans l’exercice de leurs missions.







