Artisanat : Le Cameroun veut reprendre le contrôle

Artisanat au Cameroun : vers une Chambre des Métiers

0
100

Le MINPMEESA engage la réflexion sur la création d’une Chambre des Métiers de l’Artisanat. Objectif : structurer un secteur de 314 métiers, encore freiné par l’informalité et les difficultés d’accès au financement.

Une réforme pour mieux organiser les artisans

Le Cameroun veut réorganiser son secteur artisanal. Le 7 octobre 2026 à Yaoundé, le ministère des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie sociale et de l’Artisanat (MINPMEESA) a réuni administrations publiques et organisations professionnelles pour réfléchir à la création d’une Chambre des Métiers de l’Artisanat (CMA).

L’enjeu : renforcer la représentation des artisans, faciliter la formalisation de leurs activités et améliorer leur accès à la formation, au financement et aux marchés.

314 métiers, mais une structuration insuffisante

Selon la nomenclature nationale élaborée en 2020 avec l’appui du Bureau international du Travail (BIT), l’artisanat camerounais compte 314 métiers, répartis en 46 corps de métiers et 10 filières. Pourtant, le secteur reste confronté à une organisation insuffisante.

Les données présentées lors des travaux font état de près de 400 000 artisans recensés en 2020 par la Commission nationale de l’artisanat, contre environ 100 000 enregistrés par les Bureaux communaux de l’artisanat. Un écart révélateur des défis d’identification et de formalisation des professionnels.

Une nouvelle institution, mais pour quels résultats ?

La future Chambre pourrait contribuer à défendre les intérêts des artisans, valoriser leurs compétences, améliorer leur professionnalisation et renforcer leur compétitivité. Mais sa création soulève une question majeure : comment articuler ses missions avec celles de la Chambre de commerce, d’industrie, des mines et de l’artisanat (CCIMA), à laquelle la loi de 2007 confie la représentation professionnelle du secteur ?

Un groupe de travail doit approfondir les propositions et préparer un projet de texte juridique. À ce stade, la Chambre reste donc un projet en cours d’élaboration.

Le véritable défi sera de transformer cette ambition institutionnelle en résultats économiques concrets.

Car les artisans attendent moins une structure supplémentaire que des solutions efficaces pour financer leurs activités, accéder aux marchés et vivre dignement de leur savoir-faire.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici