Avec la publication des résultats du Probatoire de l’enseignement secondaire général et le départ en congés du personnel enseignant et administratif, le train de l’année scolaire 2023-2024 est définitivement rentré en gare. La prochaine année scolaire 2024-2025 se prépare déjà. Elle pourra débuter le 02 Septembre 2024. Son calendrier, conjointement signé par le ministre de l’éducation de base et le ministre des enseignements secondaires viendra confirmer cette date. Mais en attendant son lancement, l’heure est au bilan et celui-ci n’est guère reluisant au regard des résultats aux examens organisés par l’Office du Baccalauréat du Cameroun.

Des résultats jugés insatisfaisants La communauté éducative reconnaît que le système éducatif national se porte mal au regard du taux de réussite nettement éloigné de la moyenne, taux de réussite qui constitue le baromètre de la qualité de l’éducation. Alors que le Baccalauréat ESG enregistre un taux de réussite national de moins de 34%, loin des 53% de 2023, le Probatoire ESG quant à lui avoisine les 30% (pourcentage officiel attendu sur ce cas). La chute est vertigineuse.
La désignation des boucs-émissaires, une fuite en avant. Face à ces performances catastrophiques de notre jeunesse scolarisée, certains ont tôt fait de désigner des boucs-émissaires. Quand ce ne sont pas les enseignants qui sont indexés, les tirs groupés sont orientés vers la méthode d’apprentissage en vigueur en l’occurrence l’Approche Par les Compétences (APC) avec entrée par les situations de vie. Il s’agit d’introduire une leçon en s’appuyant sur une situation familière à l’environnement de l’apprenant.
L’enseignant, un facilitateur dans l’apprentissage et l’apprenant l’acteur principal dans l’apc. L’APC repose sur la co-construction des savoirs. Par le passé, la conception des savoirs relevait de l’unique compétence de l’enseignant. Il venait entre les transmettre à l’apprenant. Aujourd’hui, les savoirs sont élaborés principalement par les apprenants en fonction des ressources didactiques mobilisées, celles-ci conditionnant la méthode d’apprentissage à appliquer. Face à une image par exemple, l’apprenant sera soumis à son observation et en fera un commentaire. Face à un texte, il devra le lire et la classe devra développer le sens de l’écoute. L’enseignant élabore au préalable un questionnaire qui accompagne la ressource à exploiter. Ce sont les réponses correctes données par les apprenants qui forment les éléments constitutifs du résumé. L’enseignant leur apporte juste une bonne formulation.
Un système d’évaluation en faveur des apprenants L’APC en matière d’évaluation vient permettre à l’apprenant de glaner des points suffisamment. L’évaluation critériée en vigueur ici repose sur trois éléments :
– la pertinence : ici l’apprenant doit effectuer la tâche qui lui a été donnée.
– la correction : ici l’apprenant doit donner l’élément de réponse juste.
– la cohérence : ici l’apprenant doit bien formuler sa réponse. Les éléments de réponse doivent être bien agencés.
C’est donc dire qu’il est impossible d’obtenir zéro sur une question.
La difficile équation des ressources didactiques.
Pour mener à bien une activité d’apprentissage, la disponibilité de la ressource didactique est fondamentale. Et force est de constater dans nos lycées et collèges que le livre au programme est la denrée rare chez les apprenants. Nombreux sont ceux qui ne possèdent que les cahiers pour leurs études. L’enseignant puise régulièrement dans ses maigres ressources pour effectuer son travail. L’Etat du Cameroun doit réformer absolument sa politique du livre afin de permettre l’accessibilité de cette ressource à la plus large proportion de la jeunesse scolarisée. Cela passe par une offre variée et de qualité de la pâte à papier. Autre élément à vulgariser, c’est la dotation de l’ensemble des établissements scolaires publics en matériels suffisants de vidéo projection pour se tourner résolument vers la digitalisation des enseignements. Le contact visuel est déterminant en apprentissage.
Les mauvais résultats, une combinaison de plusieurs facteurs Le premier facteur des contre-performances est lié aux langues, précisément la compréhension des langues d’apprentissage. La correction des copies permet d’observer que nombreux sont les apprenants qui ne comprennent pas les questions posées. Ceci traduit un vocabulaire pauvre, un quotient intellectuel en dessous de la moyenne. Très peu réussissent à bien écrire, à bien conjuguer les verbes.





