Une charge frontale contre le gouvernement
Lors de la plénière consacrée à l’examen du projet de loi prorogeant le mandat des députés, l’honorable Jean Michel Nintcheu a livré une intervention d’une rare virulence. Face à ses collègues, le député a dénoncé un texte qu’il qualifie sans détour « d’insulte à l’intelligence nationale ».
Selon lui, l’exposé des motifs présenté par le gouvernement ne serait qu’un simple « copier-coller » de celui ayant servi à justifier la prorogation précédente. Une répétition qui, à ses yeux, trahit un manque de sérieux et une volonté manifeste de contourner l’esprit démocratique.

Une interprétation “biaisée” de la Constitution
Sans remettre en cause le principe légal de prorogation prévu par la Constitution, Jean Michel Nintcheu s’insurge contre ce qu’il considère comme une « interprétation fantaisiste » de l’article 15(4).
Pour l’élu, le pouvoir en place instrumentalise les dispositions constitutionnelles à des fins strictement électoralistes, notamment dans un contexte post-présidentiel qu’il décrit comme défavorable au régime. Il évoque un exécutif « ébranlé par les urnes », qui chercherait à « laisser passer la tempête » en différant les échéances législatives.
Le procès d’un État “dispendieux et opaque”
L’un des moments forts de son intervention reste la dénonciation du motif financier avancé par le gouvernement. L’argument du manque de moyens pour organiser les élections est, selon lui, « irrecevable ».
Le député dresse alors un réquisitoire implacable contre la gestion des finances publiques au Cameroun, évoquant :
Des scandales majeurs comme les affaires Glencore, Covidgate ou encore Orgate ;
Des pertes colossales pour le trésor public, notamment dans les secteurs pétrolier et minier ;
Une gouvernance marquée par le gaspillage et les détournements de fonds.

Dans cette perspective, il estime que l’État ne saurait invoquer des contraintes budgétaires alors même que des milliards de francs CFA échappent chaque année aux caisses publiques.

Une légitimité parlementaire en question
Au-delà de la critique financière et politique, Jean Michel Nintcheu pose une question de fond : celle de la légitimité des députés dont le mandat est prorogé à répétition.
Pour lui, ces élus, maintenus en fonction sans renouvellement démocratique, ne disposent pas de la crédibilité nécessaire pour engager des réformes constitutionnelles majeures. Il appelle ainsi à un rejet pur et simple du projet de loi.
Cap sur le référendum
En guise d’alternative, le député préconise une voie plus démocratique : le recours au référendum pour toute réforme constitutionnelle. Une proposition qui s’inscrit dans sa ligne politique constante en faveur d’une refondation des institutions par le peuple.




