Organisations politiques au kamerun :  multipartisme intégral, conviction insuffisante.

Il est urgent de repenser l’action politique au Kamerun.

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Le Kamerun compte officiellement, 369 partis politiques légalisés sur le fichier du Ministère de l’administration Territoriale. Devant un tel chiffre, on peut croire à une vitalité démocratique impressionnante, pourtant, il s’agit dans la réalité à une forêt d’étiquettes sans racines, qui ne servent qu’à meubler le décor électoral et donner un vernis démocratique à une gouvernance arbitraire mue par le totalitarisme. Avec un système électoral verrouillé, très peu disposent d’élus, encore moins d’un ancrage populaire réel. Ils fleurissent à la veille des élections et disparaissent une fois les résultats connus.

Transhumance politique et alliances de façade

Pas de meeting, pas de formation, pas de programme clair. Pour beaucoup de ces partis, la politique se limite à l’image du président-fondateur, omniprésent, intouchable, jamais remis en cause. Les militants, réduits au rôle de supporters passifs, n’ont souvent qu’une seule consigne : suivre le leader, même dans ses incohérences.

À chaque échéance, c’est le même scénario : transhumance politique, alliances de façade, marchandages en coulisses.  L’encrage idéologique et programmatique est aux oubliettes. Ce qui compte, ce sont les positions, les financements, ou simplement la visibilité dans les médias.

 Une opposition aux abois

Dans ce paysage, l’opposition véritable peine à fonctionner, C’est le cas de L’UPC-MANIDEM qui, malgré deux arrêts de la Cour Suprême et une déclaration de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples reconnaissant sa légalité, continue de subir l’obstruction de l’administration. Ceux reconnus sont trop souvent divisés, minés par des querelles de personnes, ou infiltrés par le pouvoir. Le débat d’idées, pourtant essentiel en démocratie, est étouffé par le culte de la personnalité, l’opportunisme, et l’absence d’engagement réel sur le terrain.

 Il est urgent de repenser l’action politique au Kamerun. Un parti politique n’est pas une entreprise familiale, ni une simple caisse de résonance pour ambitions personnelles. La démocratie ne pourra progresser que si les partis retrouvent leur rôle : former, encadrer, proposer et incarner une alternative sérieuse qui ferait plaisir à nos devanciers qui rêvaient d’un Kamerun uni, libre, démocratique et prospère.

Par Hilaire NGOUALEU HAMEKOUE

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