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La prochaine élection présidentielle prévue en 2025 au Cameroun s’annonce comme une épreuve difficile pour les partis d’opposition. Face à un système électoral qu’ils ont de la peine à maitriser, un appareil d’État largement acquis au parti au pouvoir, et un contexte politique tendu, les chances de succès pour une alternative à Paul Biya, président depuis 1982, apparaissent étonnamment faibles. Pourtant, cette situation, aussi frustrante soit-elle, offre une opportunité historique pour l’opposition
Une élection présidentielle sous haute tension
Participer à la présidentielle de 2025 est certes un droit inaliénable pour tout parti politique, mais il serait imprudent de se faire des illusions sur son issue. La concentration des pouvoirs au sein du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), la faible indépendance des institutions électorales et la répression des voix dissidentes rendent la compétition fondamentalement inéquitable. Plus encore, l’obstination à croire en une victoire possible pourrait exacerber les tensions sociopolitiques et plonger le pays dans une crise dévastatrice. L’histoire politique de l’Afrique regorge d’exemples de pays ayant basculé dans la violence après des élections présidentielles contestées. Le Cameroun, déjà confronté à des conflits dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, ne peut se permettre de rajouter une crise électorale à ses fragilités actuelles. C’est pourquoi l’opposition gagnerait à envisager une stratégie plus subtile et durable.

Saisir l’opportunité des scrutins locaux de 2026
Le double scrutin législatif et municipal de 2026 représente une occasion en or pour l’opposition de s’imposer comme une force politique crédible et incontournable. Avec 360 communes et 180 circonscriptions législatives en jeu, ces élections offrent une plate-forme idéale pour démontrer leur capacité à gérer les affaires publiques et à répondre aux attentes des Camerounais.
Pour y parvenir, les partis d’opposition doivent dès à présent investir dans la formation de candidats solides et préparer des programmes concrets et adaptés aux réalités locales. Il s’agit de sélectionner des leaders enracinés dans leurs communautés, capables d’inspirer confiance et de mobiliser les électeurs. Ces élus locaux et députés constitueront alors le socle d’une future alternance politique, en imposant progressivement une cohabitation politique au pouvoir.
La cohabitation, un tremplin vers l’alternance
Une forte présence de l’opposition à l’Assemblée nationale et dans les conseils municipaux obligerait le RDPC à composer avec des forces politiques adverses. Cette cohabitation forcerait une meilleure gestion des ressources publiques, favoriserait la transparence et, surtout, permettrait aux Camerounais de juger les capacités managériales de l’opposition dans un cadre institutionnel concret.
Par ailleurs, la cohabitation préparerait le terrain pour l’après-Biya. Avec un président en exercice approchant les 93 ans en 2025, la transition est inévitablement proche. L’opposition doit se positionner comme une alternative crédible et prête à prendre les rênes du pays, en évitant d’être perçue comme un simple groupe de contestation ou les auteurs de milliers de morts. Les camerounais restent très sensible à voir couler le sang de leurs compatriotes.
Préparer l’avenir avec réalisme et stratégie
L’élection présidentielle de 2025 ne doit pas devenir une obsession pour l’opposition camerounaise. Au contraire, elle doit servir de tremplin pour structurer et renforcer ses bases en vue du double scrutin de 2026. Une stratégie réaliste, centrée sur l’implantation locale et le développement de compétences au sein des institutions, permettra de poser les jalons d’une alternance durable et pacifique.
Le Cameroun a besoin d’une opposition forte, unie et pragmatique, capable non seulement de contester le pouvoir, mais également de gouverner et de proposer une vision claire pour l’avenir. En concentrant leurs efforts sur les élections législatives et municipales, les partis d’opposition pourront enfin prouver au peuple camerounais qu’ils incarnent une vraie solution, et non une simple alternative. C’est dans cette voie que réside l’espoir d’un Cameroun apaisé et prospère




