Surendettement, faible investissement public, bureaucratie étouffante et abandon de l’industrialisation : l’économiste Louis-Marie Kakdeu dresse un réquisitoire sévère contre la loi de finances 2026 et appelle à une rupture radicale : transformer les commerçants en industriels pour sauver l’économie camerounaise.

Un budget sous perfusion de la dette
En 2026, plus d’un tiers du budget de l’État repose sur l’emprunt. Le service de la dette absorbe plus du quart des ressources publiques, réduisant drastiquement la capacité du Cameroun à investir dans la production et l’innovation.
Des hypothèses macroéconomiques irréalistes
Croissance à 4,3 %, inflation contenue à 3 %, déficit maîtrisé : des objectifs jugés déconnectés d’un contexte marqué par les crises post-électorales, la fragilité du tissu productif et une économie peu créatrice de richesse.
Une politique économique bureaucratique et stérile
Le gouvernement mise sur le foncier, l’endettement et des ajustements budgétaires techniques. Pour l’auteur, ces choix relèvent davantage du contrôle administratif que d’une véritable stratégie de développement économique.
L’échec silencieux de l’import-substitution
Doté de moyens limités et dispersé entre plusieurs ministères, le programme PIISAH n’a pas permis de réduire la dépendance aux importations alimentaires, malgré les ambitions affichées.

Industrialiser par les capitaux privés et la diaspora
La clé réside dans l’attraction des investissements directs étrangers et de la diaspora camerounaise. Un potentiel de plusieurs milliers de milliards de FCFA reste inexploité faute de réformes du climat des affaires et de la justice.
Transformer les importateurs en producteurs
Plutôt que de traquer les commerçants, l’État devrait les inciter à produire localement. Assemblage de téléphones, transformation agro-industrielle : des marchés existent pour une industrialisation rapide et pragmatique.
Foncier : la réforme qui peut tout changer
La généralisation du titre foncier, voire sa gratuité, permettrait d’intégrer des millions de citoyens dans le système financier et de générer jusqu’à FCFA 3 000 milliards de recettes fiscales potentielles. Le Cameroun fait face à un choix historique : poursuivre une trajectoire de dette et de gestion bureaucratique, ou engager une rupture économique fondée sur la production locale, l’investissement privé et l’industrialisation rapide.

Par Louis Marie Kakdeu, HDR,& PHD. Deuxieme Vice President Nationala SDF






