Déchirure : l’ancien SG du SDF dénonce l’actuel leadership du parti et craint la disparition d’un patrimoine national, bâti au prix du sang de nombreux Camerounais.

Le SDF, bâti sur les principes de démocratie, de justice sociale et de participation populaire, est aujourd’hui confronté à une dérive autoritaire qui met en péril son avenir

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Chers militants, chères militantes,

En ma qualité d’ancien cadre du Social Democratic Front (SDF) et ancien Secrétaire Général du parti, je prends la parole aujourd’hui non pas pour exprimer des regrets quant à mon exclusion du SDF, mais parce que je refuse de rester silencieux face à sa disparition programmée. Le SDF, tout comme l’UPC, est un patrimoine national, bâti au prix du sang et du sacrifice de nombreux Camerounais.

Nous avons consacré notre jeunesse à ce combat, et six jeunes militants ont perdu la vie à « Liberty Square » à Bamenda, au moment où certains, qui cherchent aujourd’hui à brader le parti, n’y ont adhéré qu’en 2004. Il est donc de notre devoir de dénoncer les décisions inquiétantes prises par l’actuel leadership, qui s’éloignent dangereusement des idéaux ayant toujours guidé notre engagement.

Le SDF, bâti sur les principes de démocratie, de justice sociale et de participation populaire, est aujourd’hui confronté à une dérive autoritaire qui met en péril son avenir et son rôle dans la construction d’un Cameroun démocratique.

1. Une caution discriminatoire qui exclut les militants

L’imposition d’une caution non remboursable de 50.000.000 FCFA pour être candidat à la candidature au sein du parti est une décision injuste et antidémocratique. Elle vise à exclure la grande majorité des militants engagés et à réserver le processus électoral à une élite privilégiée. Une telle mesure va à l’encontre des valeurs d’égalité et de participation que le SDF a toujours défendues.

Si ces personnes accèdent un jour à la Présidence de la République, on peut légitimement craindre que la caution à l’élection présidentielle passe de 30 millions à 10 milliards pour éliminer toute concurrence, et que celle des élections législatives soit portée de 1 million à 20 millions, rendant ainsi toute alternance impossible.

2. Le rejet de la réconciliation et du dialogue interne

Hier, sous la sagesse et la vision des pères fondateurs, Monsieur Justice Nyo Wakai avait présidé la Commission Vérité et Réconciliation, un mécanisme essentiel pour préserver l’unité du parti et renforcer sa cohésion. Aujourd’hui, l’actuel leadership refuse catégoriquement toute démarche de réconciliation, préférant la division et l’exclusion à l’unité et au dialogue.

3. Une démocratie interne en danger

Le SDF, parti de la social-démocratie, ne fonctionne plus démocratiquement. Les décisions sont imposées d’en haut, sans consultation de la base, sans transparence et sans respect des principes fondamentaux qui nous ont guidés depuis la création du parti. Cette situation est inacceptable et doit interpeller chaque militant soucieux de l’avenir du SDF.

4. L’abandon du principe fondamental du « pouvoir au peuple« 

Le SDF a été fondé sur un idéal clair : donner le pouvoir au peuple. Aujourd’hui, cet idéal est piétiné par une direction qui s’accroche à des méthodes autoritaires, ignorant les préoccupations des militants et des citoyens qui ont toujours fait la force du parti.

Le SDF, bâti sur les principes de démocratie, de justice sociale et de participation populaire, est aujourd’hui confronté à une dérive autoritaire qui met en péril son avenir

5. Un appel à la sérénité et à la mobilisation

Face à cette situation préoccupante, j’appelle tous les militants et sympathisants à rester sereins et mobilisés. L’échec programmé de l’actuel leadership ne doit pas vous détourner de l’essentiel : faire en sorte que l’héritage de nos pères fondateurs survive et que le SDF retrouve son engagement originel envers le peuple camerounais.

Vous devez rester debout, unis et déterminés pour assurer la continuité de l’œuvre de ceux qui ont bâti ce parti avec courage et conviction. L’avenir du SDF appartient aux militants et non à une élite déconnectée des réalités du terrain.

                                                                               Sénateur Jean TSOMELOU

                                                                          Ancien Secrétaire Général du SDF

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