Cameroun : La vie sera encore plus chère en 2025.

Le gouvernement a toujours fait la faute de mettre en concurrence déloyale les produits locaux non subventionnés avec les produits étrangers subventionnés à la production, au transport jusqu'au Cameroun et à la douane camerounaise. C'est simplement un des multiples crimes d'État ! Entre 1995 (date de la signature des accords de l'OMC par le Cameroun) et 2005,

0
1285

Le projet de loi des finances 2025 a été finalement déposé à l’Assemblée nationale avec près de 40 jours de retard. Une exception camerounaise. Les députés sont réquisitionnés pour travailler nuits et jours afin de se prononcer sur le contenu. Ils ne feront pas de magie. Pourtant, ce projet de loi consacre le budget de la République du Cameroun pour l’année 2025. En réalité, l’un des documents les plus importants de la République. À l’analyse, il n’y a rien à se mettre sous la dent. Au contraire, de nouvelles dispositions laissent entrevoir des lendemains difficiles pour les citoyens. Une telle loi, si inclusive, devait passer par le filtre des partenaires sociaux supposés être regroupés au sein du Conseil économique et social. Que voulez-vous ? Nous sommes au Cameroun et rien ne marche! Voici une vue analytique de ce projet de loi des finances 2025 :

Absence de cohérence budgétaire et fiscale
A la question de savoir quelle est la vision économique de l’État du Cameroun, la loi des finances 2025 ne permet pas de dire clairement si l’on s’inscrit toujours dans le cadre de la SND30 ou non. En effet, l’enjeu économique porté par la SND30 était la lutte contre l’extraversion de l’économie nationale. C’est-à-dire que l’on cesse de dépendre entièrement de l’étranger. En 2025, la loi des finances consacre toujours la dépendance de l’extérieur. La seule disposition susceptible d’entrer dans la politique d’import-substitution qui est supposée être la politique d’industrialisation du pays par substitution des produits importés, est l’article huitième. Mais, cette disposition a été formulée de manière pernicieuse dans la mesure où elle exclut la substitution, même par application du principe de réciprocité, des produits contenus dans des accords commerciaux. Par conséquent, elle consacre le statut quo. Rien ne changera. La logique défendue est pourtant que l’on ne favorise pas l’importation de ce qui peut se produire localement. Pourquoi ? Parce que les accords économiques signés par le gouvernement camerounais ont engendré la destruction du tissu économique local. Le gouvernement a toujours fait la faute de mettre en concurrence déloyale les produits locaux non subventionnés avec les produits étrangers subventionnés à la production, au transport jusqu’au Cameroun et à la douane camerounaise. C’est simplement un des multiples crimes d’État ! Entre 1995 (date de la signature des accords de l’OMC par le Cameroun) et 2005, l’on avait enregistré 92% d’entreprises locales fermées dans le secteur agricole par exemple. Allez-y savoir pourquoi l’on importe 97% de riz consommé au pays, 89% de lait, 100% de blé, etc., alors que des potentialités locales existent. On importe déjà le manioc, le maïs, les agrumes comme les oranges, la mandarine, etc. L’économie camerounaise est entièrement extravertie. En 2024, il était difficile de trouver un seul secteur excédentaire.

Les craintes du mouvement patronal
Selon un mouvement patronal comme ECAM, 80% des entreprises mouraient avant 2 ans d’existence. L’État surtaxe le chiffre d’affaires (57%) au lieu de taxer le bénéfice comme le recommande le principe de proportionnalité. La charge fiscale est étouffante, et même en 2025, l’État continuera à asphyxier le peu de contribuables qui restent dans le formel (autour de 30000 depuis des décennies). Or, l’élargissement de l’assiette fiscale peut se faire à l’horizontale. Selon l’INS, l’on note au Cameroun 3,5 millions d’Unités de Production Informelles (UPI) c’est-à-dire de potentiels contribuables qu’un gouvernement sérieux pouvait capter en baissant plutôt les impôts. En effet, l’informel est devenu le secteur refuge au Cameroun. Les gens maintiennent une vitrine au marché et installent leurs magasins chez eux dans les quartiers. L’économie fonctionne au noir. Les citoyens fuient les impôts. Il était temps de changer de perspective et le gouvernement a raté l’occasion de le faire.
Une politique économique met en cohérence la monnaie, le budget et les impôts dans le but d’atteindre la croissance, l’emploi, la stabilité des prix et l’équilibre externe. En 2025, il est légitime de se demander où est-ce que le gouvernement nous conduit avec la reconduction quasi-totale du budget 2024. Une politique budgétaire consiste à utiliser le budget de l’État pour agir sur la conjoncture. Quel est le problème que résout le budget 2025 ? La croissance ? Comment peut-on avoir la croissance sans produire localement et sans investir ? L’emploi et la lutte contre le chômage ? Comment peut-on créer des emplois sans améliorer le climat des affaires ? La politique budgétaire du Cameroun favorise le bayam selam et le transport clandestin (mototaxis) : Est-ce la sécurité de l’emploi demandé par les jeunes ? Comment arrive-t-on à lutter contre l’exode rural avec une telle politique économique ? Environ 200000 nouvelles personnes arrivent à Douala et Yaoundé chaque année. Est-ce tenable en termes d’infrastructures, d’emploi

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici