Il n’y a point eu de Sommet Economique à Yaoundé le 16 Décembre 2024. Un vrai Sommet Economique frappé au coin de la souveraineté aurait vu la participation exclusive des Chefs d’’Etats pour se prononcer sur une ou deux mesures fondatrices et transformationnelles, d’application contraignante et immédiate. La présence du Ministre démissionnaire des Finances d’un pays comme la France et des sous- bureaucrates du FMI et de la BM a dilué la portée de cette rencontre qui n’aura pas été le Sommet Économique des 5 pays souverains de la CEMAC qui doivent cesser de s’enfermer dans une mentalité de servilité politique dépassée.
Il n’y a pas eu de Sommet Économique à Yaoundé. Dans leur perfidie, le complexe mondial de l’exploitation économique aurait bien voulu nous affaiblir davantage en dévaluant encore cet oripeaux colonial qu’est le FCFA pour accentuer une détérioration des termes des échanges à notre désavantage. Sentant la résistance sourde des dirigeants et des populations de nos pays, il a reculé pour plutôt se satisfaire d’un catalogue de bonnes intentions reprises dans une vingtaine de résolutions banales et non- contraignantes qui ne justifiaient pas un tel tapage médiatique.
En vérité, les représentants des « maîtres du monde » sont venus s’assurer qu’ils pourront continuer à nous pressurer pour récupérer l’argent qu’ils ont emprunté à 0, 25% pour nous le prêter à 2%, un taux concessionnel disent-ils, en prenant en gage nos recettes d’exportations dans le Compte d’Opération du Trésor Français et en nous gardant ligotés dans la camisole de force de la convertibilité unique et rigide du FCFA à l’ Euro.
Bien évidemment, la dévaluation ne pouvant plus être à l’ordre du jour, leur présence leur permettait de s’assurer que ne devait pas être évoqué le seul sujet économique qui vaille pour nos pays : Sortir nos pays du Franc CFA et créer notre monnaie sous- régionale, le FAKO dont la parité sera variable et adossée non plus sur le seul Euro, mais plutôt sur un panier de devises de nos principaux partenaires commerciaux.

Le nouveau système monétaire à mettre en place sera doté d’une Banque Centrale, Institut d’émission au Conseil d’administration duquel la France ne siégera plus. Nos recettes d’exportations en devises y seront intégralement déposées dans un « Compte Commun des Réserves de Change » accessible aux pays par un mécanisme de Droit de tirage, au lieu de l’être au Compte d’Opération du Trésor de France comme cela l’a été historiquement.
Dans le contexte actuel, c’est par la création de notre monnaie sous- régionale que nos pays devront passer pour s’insérer dans les chaînes des valeurs ajoutées mondiales, pour accélérer le développement de leurs économies et entrer dans l’Histoire. Pour tout Africain émancipé, ce ne devrait être que partie remise.






