Relations Internationales :Trump- l’Africain

Éric Nguemaleu, Camerounais résidant en Belgique depuis plus de deux décennies, est un expert en Droit de l’homme et politiste spécialisé dans les affaires européennes.

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Éric Nguemaleu, Expert en droit de l’homme et politiste spécialisé dans les affaires européennes.

Éric Nguemaleu, Camerounais résidant en Belgique depuis plus de deux décennies, est un expert en Droit de l’homme et politiste spécialisé dans les affaires européennes. Issu de l’Université de Louvain, de l’Université de Liège, de l’Université de Namur, et de l’Université Saint-Louis de Bruxelles. Leader connu de la diaspora pour son implication dans l’organisation et l’animation de plusieurs débats scientifiques. Il est membre fondateur des organisations telles que le CODE, la Fondation Moumié, ancien Secrétaire Adjoint et ancien Président de La Ligue Belgo-Africaine pour le Rétablissement en Afrique des Libertés Fondamentales (Actuel CEBAPH).

The Politics Hebdo : Comment avez-vous accueilli l’élection de Donald Trump comme 47ème président des USA qui revient après un premier mandat, avez -vous été surpris par sa victoire ?Éric Nguemaleu : j’ai accueilli l’élection de Donald Trump sans véritable triomphalisme. C’est d’abord une histoire américaine qu’on soit Démocrate ou Républicain. J’ai un avis contrasté sur son élection. Avant l’abdication de Joe Biden, Donald Trump n’était vraiment pas favori et rien ne présageait vraiment sa victoire. L’incapacité physique de Joe Biden a milité en sa faveur. Le Choix de Kamala Haris n’était pas une évidence dans la mesure où, Trump avait déjà par le passé battu aux élections Hilary Clinton. Trump avait un boulevard ouvert devant lui, il a saisi cette opportunité et les américains ont fait de lui leur président. Personnellement j’étais convaincu que Kamala Haris ne pouvait pas remporter les élections.

The Politics Hebdo : Pourquoi l’élection d’un Président Américain par les Américains devrait intéresser les africains ? Éric Nguemaleu : l’Afrique ne vit pas en autarcie. Nous ne partageons pas mal de choses avec les autres états du monde. La géopolitique actuelle, nous oblige à nous intéresser à ce qui se passe ailleurs. Aussi bien en chine, en Russie, etc. N’oublions pas que les USA sont membre permanent des USA. Nous avons le devoir d’être attentif à ce qui se passe dans cette partie du monde. Et les USA sont un contributeur important de l’aide au développement. Et ceux qui pensent que l’Afrique n’intéresse pas Trump se trompent largement.

The Politics Hebdo : Quels sont selon vous les secrets de la victoire de Donald Trump, on a eu l’impression que les médias Français que vous connaissez bien avaient un penchant pour Kamala Haris avez-vous eu le même sentiment et pourquoi ? Éric Nguemaleu : la mauvaise gouvernance des démocrates a favorisé l’élection de Trump. C’était un vote sanction. Le gouvernement de Biden a considérablement endetté les USA. Les Démocrates avaient donné l’impression qu’ils pouvaient aisément remporter la guerre contre la Russie. A l’épreuve de la réalité, on voit très bien comment cette guerre à complètement redessiner les équilibres géopolitiques. La guerre s’éternise et les américains en paient le prix fort. The Politics Hebdo : Quelle différence existe-t-il entre Démocrates et Républicains ? Éric Nguemaleu : Les Démocrates sont des va-t’en en guerre. Et les républicains sont plus réalistes. La politique républicaine est avant gardiste et protectionniste. C’est l’Amérique d’abord. Les Démocrates ont une politique plus expansionniste qui a beaucoup endetté le pays. Les républicains ont toujours plus été représentés au nord des USA, avec des électeurs beaucoup plus blancs. Tandis que les démocrates ont pour militants historiquement les blancs du sud. Ainsi que des minorités ethniques sans oublier la classe migrante nouvelle et les ouvriers, bien que les lignes bougent.

The Politics Hebdo : les Démocrates sous l’ère Barack Obama sont accusés d’être responsables de la guerre en Lybie, et de la chute de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire, l’élection d’un républicain est une chance pour les africains ? Éric Nguemaleu : on ne saurait le dire ainsi. Il s’agit de l’élection d’un président américain et non d’un président africain. Qu’il soit démocrate ou républicain, pour eux c’est l’Amérique d’Abord. Rien ne prouve que dans les mêmes conditions, un républicain au pouvoir n’aurait pas pu être une menace pour la cote d’Ivoire ou pour la Lybie et faire exactement ce que les démocrates ont fait subir à ces pays africains. Tous travaillent d’abord pour les américains. Le passé des Démocrates qui étaient aux affaires peuvent avoir contribué à alimenter un sentiment anti démocrate de l’Afrique vis-à-vis d’eux. Au regard de ce qu’ils ont fait à Laurent Gbagbo et à Kadhafi.  L’exemple de Barack Obama nous parle. Il n’était même pas un atout pour le Kenya son pays d’origine. The Politics Hebdo : A quoi doivent concrètement s’attendre l’Afrique avec l’élection de Donald Trump ? Éric Nguemaleu : l’Afrique tout entière a célébré Barack Obama. Donald Trump est d’abord le président des USA. Trump durant son deuxième mandant peut faire des choses différemment. Il y’a un département d’Etat des affaires africaines à la maison blanche. Ce n’est pas parce que Trump n’est pas venue en Afrique que l’Afrique ne l’intéresse pas. Aucune puissance au monde ne peut faire sans l’Afrique. The Politics Hebdo : l’élection de Donal Trump est un-t-elle un avantage ou un inconvénient pour le Cameroun. Les camerounais devraient-ils s’en réjouir ?

Éric Nguemaleu : il ne revient pas au président américain d’interférer dans les affaires du Cameroun. Encore moins à son ambassadeur. Le Cameroun n’est pas une pièce maîtresse dans l’histoire africaine des USA. L’élection d’un président américain ne devrait pas inquiéter le Cameroun. The Politics Hebdo : Comment entrevoyez-vous l’avenir entre Euro-Atlantistes (USA-Europe) et les relations entre les Etats unis- la Russie, l’Ukraine, le moyen orient dans ce contexte de guerre, et quelles répercutions sur l’Afrique, les USA et l’OTAN ? Éric Nguemaleu : On assistera à un refroidissement des relations euro-atlantistes. La facture de la guerre en Ukraine est dejà suffisamment salée. Les américains de l’intérieur commencent à rouspéter. Ce sera soit la banqueroute ou l’obligation pour les USA de négocier avec la Russie. Seule la diplomatie peut mettre fin à cette guerre. Ces 2 puissances, notamment les USA et la Russie n’ont pas d’autres choix que de se parler. C’est maintenant ou jamais. L’Europe souffre énormément de cette guerre l’exemple du blé et du gaz sont assez illustratifs. Il y’a une inflation généralisée.

The Politics Hebdo : Que répondez-vous à ceux qui disent que les américains ne sont pas prêts à accueillir une femme à la maison blanche. Hilary Clinton hier, et Kamala Haris aujourd’hui Éric Nguemaleu : les américains ne sont pas prêts à accueillir une femme au pouvoir. Et de surcroit une femme de couleur. En tout cas pas maintenant.

The Politics Hebdo : Donald Trump a remporté le vote populaire à 94% contre 4% pour Kamala Haris, ce score a-t-il une signification particulière pour vous en tant qu’Expert, et quelles sont d’après vous les principales leçons de cette élection ? Éric Nguemaleu : cette large victoire de Trump sous-entend que même les démocrates étaient fatigués des démocrates et de leurs politiques expansionnistes. Une des leçons qu’on peut tirer est que l’Amérique quand elle est en difficulté il y’a ni démocrates ni républicains. C’est l’Amérique d’abord. Donald Trump est un pompier au service des USA. Il servira et les démocrates et les républicains. C’est le dernier rempart des USA. Trump défend certaines valeurs africaines : il est contre l’avortement, contre les homosexuels, ce qui pourrait le rendre plus audible et plus roche de l’Afrique.

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