La FSF monte au créneau contre une décision jugée “arbitraire”
La Fédération Sénégalaise de Football (FSF) hausse le ton face à la décision rendue le 17 mars 2026 par la Commission d’Appel de la Confédération Africaine de Football. Celle-ci a infirmé le verdict initial pour attribuer la victoire au Maroc par forfait, au détriment du Sénégal lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations.
Dans une mise en demeure adressée au Secrétaire Général de la CAF, l’instance sénégalaise dénonce une décision « infondée en droit, arbitraire et manifestement disproportionnée ».

Un affront à l’autorité de l’arbitre ?
Au cœur de la contestation : l’interprétation des faits de jeu. La FSF rappelle que, conformément aux règles établies par l’International Football Association Board, l’arbitre demeure seul maître des décisions sur le terrain.
Selon elle, l’arrêt momentané du match relevait d’une simple suspension et non d’un abandon. La rencontre ayant repris jusqu’à son terme — avec prolongations et validation du résultat — toute requalification a posteriori constituerait une violation de la doctrine dite du “Field of Play”.
Une qualification juridique contestée
La FSF rejette également l’usage de l’article 84 du règlement de la CAF, qui fonde la notion de forfait. Elle estime que ce texte est inapplicable dans la mesure où le match s’est achevé normalement et a été officiellement homologué.
Ce revirement, après la remise du trophée, est jugé particulièrement grave au regard du principe de sécurité juridique des compétitions sportives.

Une sanction jugée “disproportionnée”
Autre point de friction : la sévérité de la décision. Pour la FSF, retirer un titre continental pour un incident de jeu ayant entraîné une interruption temporaire d’environ 15 minutes relève d’un excès de pouvoir.
L’instance sénégalaise invoque à cet effet la jurisprudence du Tribunal Arbitral du Sport, notamment en matière de proportionnalité des sanctions.
Cap sur le TAS : bras de fer en vue
Face à ce qu’elle considère comme une injustice, la FSF met la CAF en demeure de suspendre immédiatement l’exécution de la décision, notamment toute éventuelle remise du trophée au Maroc.
Elle annonce parallèlement son intention de saisir le Tribunal Arbitral du Sport dans un délai de 48 heures, avec une procédure d’urgence visant à obtenir des mesures conservatoires.
La Fédération exige également la transmission immédiate des rapports officiels du match, éléments clés pour préparer sa défense.

Une crise majeure pour le football africain
Ce bras de fer entre Dakar et la CAF pourrait ouvrir une nouvelle séquence de tensions au sein du football africain, avec des répercussions potentielles sur la crédibilité des compétitions continentales.
La bataille juridique s’annonce désormais décisive devant le TAS, seul habilité à trancher définitivement ce litige à haute intensité.







