Journée Internationale du 8 mars : Hilaire Kamga alerte sur la présence des bébés en prison au Cameroun

Journée Internationale du 8 mars : Hilaire Kamga alerte sur la présence de bébés en prison au Cameroun

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En ce 8 mars, un plaidoyer pour les bébés détenus à Bamenda

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes célébrée ce 8 mars, le juriste et défenseur camerounais des droits humains Hilaire Kamga tire la sonnette d’alarme sur une situation qu’il juge juridiquement et moralement inacceptable : la présence de nourrissons dans la prison centrale de Bamenda.

Dans une note d’analyse juridique rendue publique le 8 mars 2026, l’expert en droits humains et parrain de la campagne « No Babies Behind Bars » examine les implications légales et humanitaires de cette situation, qu’il considère comme une violation grave des obligations internationales du Cameroun en matière de protection des enfants.

Note d’analyse juridique sur la gravité de la détention des bébés en prisons Docteur Hilaire Kamga

Au cœur de cette alerte figurent deux bébés, Leticia et Sera, âgés de quelques mois seulement, qui vivent depuis plusieurs mois dans un environnement carcéral à la suite de la détention de leurs mères.

Une détention indirecte d’enfants innocents

Dans son analyse, Hilaire Kamga rappelle que plusieurs civils ont été arrêtés le 24 juin 2025 dans le village de Bamessing, dans le département de Ngoketunjia, avant d’être placés en détention dans le cadre d’une procédure engagée devant le tribunal militaire de Bamenda. Parmi les personnes interpellées figurent deux jeunes femmes accompagnées de leurs nourrissons âgés de trois et quatre mois au moment de leur arrestation.

Pour le juriste camerounais, la présence de ces enfants en prison constitue une privation de liberté sans base légale, puisqu’aucune décision judiciaire n’a ordonné leur détention.

Selon lui, cette situation revient à imposer une sanction pénale indirecte à des enfants qui n’ont commis aucune infraction, en contradiction avec le principe fondamental de responsabilité pénale individuelle.

L’intérêt supérieur de l’enfant au cœur du plaidoyer

Dans sa réflexion juridique, Hilaire Kamga insiste particulièrement sur le principe de l’intérêt supérieur de l’enfant, consacré par la Convention internationale relative aux droits de l’enfant ainsi que par la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant.

À cet âge, souligne-t-il, un nourrisson dépend totalement de son environnement pour sa survie, sa santé et son développement. Or, un établissement pénitentiaire ne peut offrir les conditions sanitaires, nutritionnelles et affectives nécessaires à un enfant de quelques mois. Dans ces conditions, maintenir ces bébés en prison constitue, selon l’auteur de l’analyse, une atteinte directe à leur droit à la dignité, à la santé et au développement.

Un risque de traitements inhumains

L’analyse souligne également que les prisons ne sont ni conçues ni équipées pour accueillir des enfants en bas âge.

Pour Hilaire Kamga, la présence prolongée de nourrissons dans un environnement carcéral peut, dans certaines circonstances, être assimilée à un traitement cruel, inhumain ou dégradant, au regard des standards internationaux de protection des droits humains.

Cette situation est d’autant plus préoccupante que les bébés concernés seraient maintenus en détention indirecte depuis plus de 250 jours, une durée particulièrement longue pour des enfants dépendants de l’allaitement maternel.

L’État appelé à privilégier des alternatives à la détention

Dans son analyse, le juriste rappelle que les normes internationales, notamment les Règles de Bangkok des Nations unies, recommandent aux États de privilégier des mesures alternatives à la détention pour les femmes enceintes ou les mères de jeunes enfants.

Selon lui, la solution juridiquement conforme aux obligations internationales du Cameroun n’est pas la séparation forcée des bébés et de leurs mères, mais plutôt la mise en œuvre de mesures non privatives de liberté pour les mères concernées.

La campagne “No Babies Behind Bars”

L’analyse publiée par Hilaire Kamga s’inscrit dans le cadre de la campagne « No Babies Behind Bars », portée par une coalition d’organisations de la société civile engagées dans la défense des droits humains et des droits de l’enfant.

Cette initiative vise à mettre fin à la présence de nourrissons dans les établissements pénitentiaires et à promouvoir des politiques judiciaires plus respectueuses de la dignité et du bien-être des enfants.

Un appel symbolique en ce 8 mars

En choisissant de publier cette analyse à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, Hilaire Kamga souhaite attirer l’attention de l’opinion publique et des autorités sur les conséquences humaines et juridiques de cette situation.

Pour le défenseur des droits humains, la protection des femmes détenues et celle de leurs enfants constituent un impératif de justice et d’humanité.

Il appelle ainsi les autorités camerounaises à mettre fin immédiatement à la présence de nourrissons dans les prisons, soit par la libération des mères avec leurs enfants, soit par l’adoption de mesures alternatives à la détention, conformes aux engagements internationaux du Cameroun.

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