Espagne : Conférence Internationale sur le Financement du Développement : Chantal Kambiwa fascine et porte la voix du Sud

La conclusion conjointe de Chantal Kambiwa et de Maria João Rodrigues, Présidente de la FEPS, a symbolisé la complémentarité entre les voix du Sud

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Le lundi 30 juin 2025, s’est tenu en marge de la 4e Conférence Internationale sur le Financement du Développement. Intitulée « Financer notre avenir : une vision progressiste du financement du développement » cette rencontre organisée avec le soutien du Parlement européen, a réuni responsables politiques, universitaires, membres de la société civile et acteurs institutionnels du monde entier. Tous avaient un objectif commun : repenser les mécanismes mondiaux de financement pour répondre aux défis du XXIe siècle

Une vision progressiste pour un monde en mutation

Le 30 juin 2025, les regards des acteurs du développement se sont tournés vers Séville, en Espagne, où s’est tenu un événement phare organisé en marge de la 4e Conférence Internationale sur le Financement du Développement (FfD4). L’objectif : repenser l’architecture financière mondiale dans un contexte de crises multiformes et de repli des grandes puissances sur elles-mêmes. Cette rencontre, soutenue par la Fondation européenne d’études progressistes (FEPS), a mis en lumière la nécessité d’un engagement plus fort pour un financement du développement plus inclusif, plus équitable, et plus féministe.

Chantal Kambiwa : faire entendre la voix des peuples du Sud

Le point d’orgue de l’événement est intervenu en fin de soirée, avec l’intervention vibrante de Chantal Kambiwa, Vice-Présidente de l’Internationale Socialiste. Figure reconnue de la coopération Sud-Sud, elle a livré une prise de parole puissante en faveur d’un changement de paradigme. Pour elle, les pays du Sud ne peuvent plus être de simples bénéficiaires des décisions prises ailleurs. Ils doivent être des acteurs à part entière de la refondation du système international.

« Le Pacte pour l’Avenir ne sera viable que si nous le coécrivons. Il est temps d’écouter les voix du Sud, de respecter les dynamiques locales et de financer les priorités réelles des populations », a-t-elle déclaré sous les applaudissements. Dans un plaidoyer fort, elle a dénoncé les conditionnalités imposées par certaines institutions financières internationales et appelé à des financements directs pour les mouvements citoyens, les initiatives féministes et les jeunes entrepreneurs locaux.

L’urgence de rebâtir le multilatéralisme

La montée des extrêmes, le recul du multilatéralisme et la domination croissante de politiques isolationnistes fragilisent les bases mêmes de la coopération internationale. C’est dans ce contexte que le Pacte pour l’Avenir, adopté récemment par les Nations unies, s’est imposé comme un cadre de référence incontournable. Il appelle à 56 actions concrètes pour adapter la coopération internationale aux défis de notre temps : dérèglement climatique, inégalités économiques, dettes écrasantes des pays du Sud, et instabilité politique.

Lors de l’ouverture des travaux, la Première Vice-Présidente espagnole María Jesús Montero a rappelé l’urgence pour l’Union européenne de défendre la démocratie et l’équité dans les relations internationales. Elle a appelé à dépasser les doubles standards et à instaurer des partenariats sur un pied d’égalité avec les pays du Sud.

Féminisme et financement : un combat pour la justice

L’événement a également consacré une session entière aux stratégies de financement des causes féministes, souvent premières victimes des coupes budgétaires et des politiques conservatrices. Lina Gálvez (vice-présidente de la FEPS), Ann Linde (ancienne ministre suédoise), et des militantes africaines et latino-américaines ont plaidé pour une refonte des mécanismes d’aide afin de garantir l’accès aux fonds pour les organisations de terrain, souvent invisibilités.

La présence de Nardos Bekele-Thomas, Directrice de l’AUDA-NEPAD, a permis d’enrichir le débat d’une perspective panafricaine. Elle a salué l’engagement de figures comme Chantal Kambiwa pour faire avancer une diplomatie féministe réellement inclusive et ancrée dans les réalités africaines

De Séville à l’avenir : les bases d’un nouveau contrat mondial

Au terme de plus de quatre heures d’échanges intenses, les participants sont repartis avec une conviction renforcée : le monde a besoin d’un nouveau contrat global, capable de répondre aux défis de notre époque. Pour cela, il faut reconfigurer les institutions internationales, alléger les dettes des pays vulnérables, transformer les outils financiers et donner une place centrale aux acteurs de la société civile.

La conclusion conjointe de Chantal Kambiwa et de Maria João Rodrigues, Présidente de la FEPS, a symbolisé la complémentarité entre les voix du Sud et celles de l’Europe progressiste. Ensemble, elles ont plaidé pour un financement du développement humain, fondé sur la dignité, la justice sociale et le respect des identités culturelles.

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