Bébés en prison : L’alerte forte de NDH Cameroun

Bébés en prison : L’alerte forte de NDH Cameroun

0
32

Bébés en prison : une urgence humanitaire dénoncée

L’organisation Nouveaux Droits de l’Homme Cameroun (NDH-Cameroun) tire la sonnette d’alarme face à une situation jugée alarmante : la présence de nourrissons en milieu carcéral aux côtés de leurs mères incarcérées. À travers une déclaration officielle, signée de Cyrille Rollande Bechon, l’organisation appelle les autorités camerounaises à une application effective des peines alternatives à la détention, au nom du respect des droits fondamentaux de l’enfant.

Non à la détention des bébés OUI aux peines alternatives au Cameroun

Une affaire judiciaire aux conséquences humaines préoccupantes. Au cœur de cette interpellation, le cas très médiatisé de l’artiste St Désir Atango, condamné le 21 avril 2026 par le Tribunal de Mfou à cinq ans d’emprisonnement ferme pour inceste et pratiques assimilées. Sa fille, également impliquée dans l’affaire, a été condamnée à trois ans de prison, entraînant de facto l’incarcération d’un bébé de 10 mois né de cette relation.

Si la condamnation judiciaire a été globalement saluée pour sa fermeté face à des faits graves, NDH Cameroun insiste sur une conséquence collatérale inacceptable : l’enfermement d’un nourrisson totalement innocent.

L’intérêt supérieur de l’enfant au cœur du plaidoyer

S’appuyant sur la Convention relative aux droits de l’enfant, ratifiée par le Cameroun, l’organisation rappelle que l’intérêt supérieur de l’enfant doit primer dans toute décision judiciaire.

Pour NDH Cameroun, la culpabilité d’une mère ne saurait être transférée à son enfant. Maintenir un bébé en prison constitue une violation flagrante de ses droits fondamentaux et compromet gravement son développement physique et psychologique.

Des engagements internationaux à respecter

L’organisation met également en avant la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant, qui recommande explicitement :

Le recours prioritaire à des peines alternatives pour les mères,

L’interdiction de l’incarcération conjointe mère-enfant,

La mise en place de dispositifs spécifiques pour leur prise en charge.

Ces engagements, ratifiés par le Cameroun, obligent l’État à adapter son système pénal afin de protéger les enfants en bas âge.

Un phénomène loin d’être isolé

NDH Cameroun souligne que cette situation dépasse le cas de Mfou. D’autres exemples préoccupants sont recensés, notamment à la prison de Bamenda, où plusieurs femmes sont détenues avec leurs nourrissons dans des conditions dénoncées comme arbitraires et inadaptées.

Cette réalité met en lumière les limites du système pénitentiaire camerounais, déjà marqué par une surpopulation carcérale chronique.

Un appel ferme à des réformes urgentes

Face à cette situation, NDH Cameroun appelle à :

La libération immédiate des nourrissons détenus,

L’application systématique de peines alternatives pour les mères,

Une réforme structurelle du système pénal intégrant la protection de l’enfant.

L’organisation rappelle avoir déjà produit, avec l’appui de partenaires internationaux, un rapport détaillé sur la faisabilité de ces alternatives, soulignant l’urgence de leur mise en œuvre.

Une question de dignité et d’avenir

Au-delà du droit, NDH Cameroun pose une question fondamentale : celle de la dignité humaine et de l’avenir des enfants. Grandir en prison durant les premières années de vie constitue un traumatisme aux conséquences potentiellement irréversibles. Le message est clair : aucun enfant ne devrait commencer sa vie derrière les barreaux.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici