Culture : L’Etat humilie à nouveau les artistes, Martino Ngalle reçoit 11 500 F de droits voisins

Pour l’artiste, le versement des droits voisins est devenu un rituel d’humiliation collective, où chaque distribution rappelle la misère des créateurs.

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 Martino Ngalle explose : “11 500 F de droits voisins, c’est une humiliation nationale !”

Le chanteur camerounais Martino Ngalle pousse un cri de colère contre la précarité des artistes au Cameroun. Après avoir reçu à peine 11 500 F CFA de la Société Camerounaise des Droits Voisins (SCDV), il dénonce un système “opaque, injuste et méprisant”, symbole du déclin culturel national.

 Une somme dérisoire, symbole d’un profond malaise

« Onze mille cinq cents francs » : c’est tout ce que Martino Ngalle a perçu pour des années de travail artistique.

Une rémunération qu’il juge insultante et révélatrice du désintérêt total des autorités envers la culture camerounaise.

« Nous créons de la richesse, mais nous vivons comme des mendiants. Personne ne nous respecte, ni l’État, ni les institutions qui devraient nous protéger », s’indigne-t-il.

Pour l’artiste, le versement des droits voisins est devenu un rituel d’humiliation collective, où chaque distribution rappelle la misère des créateurs.

 SCDV et État : deux coupables désignés

Martino Ngalle pointe un système de gestion des droits d’auteur à bout de souffle, gangrené par le clientélisme et l’opacité.

Il fustige l’absence de statut officiel pour les musiciens, l’inexistence de la copie privée, et la non-informatisation du secteur.

« En 2025, comment expliquer qu’aucun système fiable ne permette de tracer la diffusion des œuvres dans les médias ? C’est une honte nationale », tonne-t-il.

Pour lui, la SCDV et les institutions culturelles « vivent sur le dos des artistes », tandis que les créateurs sombrent dans la pauvreté.

 Le Cameroun en retard sur le reste du continent

Alors que des pays comme le Nigeria, la Côte d’Ivoire ou l’Afrique du Sud investissent dans des industries culturelles modernes, le Cameroun reste figé.

Martino Ngalle s’interroge :

« Pourquoi devons-nous toujours stagner pendant que les autres évoluent ? »

Il accuse les dirigeants de manquer de volonté politique pour structurer le secteur musical, pourtant capable de générer des milliers d’emplois et des revenus importants pour l’économie nationale.

 Martino Ngalle : une voix, une foi, une mission

Originaire du Littoral, Martino Ngallé s’est imposé comme l’un des visages de la musique engagée camerounaise.

Sa discographie, marquée par des titres forts tels que :

“Muna Loba” (L’enfant de Dieu),

“Ngond’a Mboko”,

“Osié”,

Et “Kamerun Mon Amour”, reflète sa passion pour la justice sociale, la foi et l’amour du pays.

À travers ses œuvres, il milite pour la reconnaissance du musicien comme acteur du développement culturel et social.

 « Le mal est profond, mais nous remettons tout entre les mains de Dieu »

Malgré la colère, Martino Ngallé garde espoir.

« Le mal est profond… mais nous remettons tout entre les mains de Dieu », conclut-il.

Son message, largement relayé sur les réseaux sociaux, relance le débat sur la dignité des artistes camerounais et sur la réforme urgente des institutions culturelles.

Un cri du cœur qui résonne comme une gifle à un système devenu sourd.

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