Une autre image du FMI en Afrique
Contrairement aux idées largement répandues en Afrique, les Institutions de Bretton Woods – notamment le Fonds Monétaire International (FMI) et les cinq entités du Groupe de la Banque Mondiale – ne sont pas les monstres technocratiques souvent décriés. Elles sont devenues, au fil des décennies, des piliers essentiels de la gouvernance économique, de la stabilité financière et de la lutte contre la pauvreté à l’échelle mondiale.

comment comprendre cette série de chroniques ?
Dans le but d’éclairer l’opinion sur le rôle et l’impact des Institutions de Bretton Woods au Cameroun, la Fondation Bretton Woods, que nous avons l’honneur de coordonner, lance une série de chroniques dédiées. Chaque édition sera consacrée à l’action d’une institution particulière.

Nous ouvrons cette série avec le Fonds Monétaire International (FMI) et sa contribution historique et contemporaine à la gouvernance financière et monétaire mondiale.
Retour aux sources et origines : la naissance du FMI
Le FMI a vu le jour à la suite des Accords de Bretton Woods, signés en juillet 1944 dans le New Hampshire, aux États-Unis. Créé officiellement le 27 décembre 1945, le FMI avait pour mission initiale d’assurer la stabilité du système monétaire international, gravement ébranlé après le krach de 1929 et la Seconde Guerre mondiale.

Le système monétaire de Bretton Woods : une triple règle
Ce nouveau système reposait sur trois piliers fondamentaux : Chaque pays devait rattacher sa monnaie à l’or ou au dollar américain convertible en or (gold exchange standard) ; La fluctuation des monnaies était limitée à 1 % par rapport à leur valeur officielle ;
Les États devaient maintenir l’équilibre de leur balance des paiements pour défendre la parité de leur monnaie. Lorsque les déséquilibres devenaient trop importants, des ajustements étaient possibles, mais au-delà de 10 %, l’aval du FMI était nécessaire.
1971 : la fin d’un système, le début d’un nouveau rôle
Le système s’effondre en 1971 lorsque les États-Unis suspendent la convertibilité du dollar en or. Le FMI perd alors son rôle initial mais se réinvente. Depuis 1976, sa mission principale est d’aider les pays confrontés à des crises financières, notamment via des prêts destinés à éviter les effets de contagion à l’échelle mondiale.
Des prêts avec des conditions claires
Les prêts du FMI sont concessionnels et encadrés par des stratégies garantissant leur bonne utilisation. Il ne s’agit pas de simplement repousser la crise, mais d’en traiter les causes structurelles. D’où l’exigence de Politiques d’Ajustement Structurel (PAS), qui, bien qu’ayant été critiquées – notamment au Cameroun dans les années 90 – visaient une réforme en profondeur.

Les missions actuelles du FMI
Aujourd’hui, le FMI se concentre sur quatre grandes missions :
1. Encourager la coopération monétaire internationale ;
2. Favoriser l’expansion du commerce mondial ;
3. Promouvoir la stabilité des taux de change ;
4. Aider les pays membres à résoudre leurs problèmes de balance des paiements.
Ces missions se déclinent en trois axes concrets :
Octroi de prêts aux pays en difficulté ;
Conseils en politiques économiques ;
Assistance technique et formations pour renforcer les capacités institutionnelles.

Pourquoi le Cameroun a besoin du FMI
Le Cameroun, comme beaucoup d’économies fragiles, fait face à de multiples défis :
Une gouvernance financière perfectible (train de vie de l’État, lutte contre la corruption, rationalisation des dépenses publiques) ; Une réforme du système éducatif pour l’adapter aux besoins du marché ; Une diversification économique encore timide ;
Un besoin urgent d’industrialisation pour corriger la balance commerciale ;
D’importants investissements nécessaires en infrastructures (routes, hôpitaux, énergie, écoles, etc.).
Le FMI peut jouer un rôle crucial pour accompagner ces transitions et garantir un développement plus inclusif et durable
À suivre…
La prochaine chronique portera sur les actions concrètes du FMI au Cameroun en 2024 et 2025.
Chronique proposée par :
Me Simon Serge KACK KACK
Avocat au Barreau du Cameroun, Président du Comité Exécutif de l’Association Juristes pour la Bonne Gouvernance ; Coordonnateur de la plateforme Bretton Woods
Guy Hervé Fongan
Journaliste, Directeur de Publication de The Politics Hebdo
Responsable de la Communication de la plateforme Bretton Woods





